Florent Vince : #LearningPlanet Youth Voices (FR)
"Je pense que la meilleure chose que les adultes puissent faire pour aider les jeunes aujourd’hui, c’est avant tout de leur faire confiance."
28 10 2021
Florent Vince : #LearningPlanet Youth Voices (FR)

À la rencontre de Florent:

Je m’appelle Florent Vince, j’ai 22 ans, et je suis des études d’ingénieur énergéticien à Grenoble INP - Ense3, UGA, ainsi qu’un parcours Transitions Écologiques à Sciences Po Grenoble - UGA.
Préoccupé par les questions socio-écologiques et convaincu du pouvoir de l’engagement, je suis aussi président de la COP2 Étudiante, une association qui accompagne les établissements de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche français dans la transition de leurs formations et de leurs campus. 


Quelles sont les causes qui t’importent, et qui importent les jeunes d'aujourd'hui ? Pourquoi ?

Je me garderai bien de parler au nom de tou·tes les jeunes, mais les causes qui reviennent souvent sont l’écologie et la justice sociale. Notre génération va subir les conséquences écologiques, économiques, sociales du changement climatique et de la chute de la biodiversité encore plus durement qu’elles ne se manifestent déjà. Et ce à cause d’un système insoucieux de la planète, et source d’inégalités. Je pense que notre génération rejette ce système et le futur qu’il prépare, et travaille à faire émerger une société plus respectueuse de la planète et de l’humain. C’est en tout cas la raison d’être qui guide beaucoup d’organisations de jeunes aujourd’hui, dont la COP2 Étudiante.

Sur quels projets travailles-tu actuellement ? Quels défis dois-tu relever aujourd'hui ?

Aujourd’hui, je travaille notamment à développer notre association, la COP2 Étudiante, pour accompagner le plus d’établissements de l’Enseignement Supérieur possible dans la transition de leurs formations et de leurs campus, et impacter le plus d’étudiant·es possible. On est aussi en train de monter des projets conjointement avec d’autres organisations de jeunes !
Le défi majeur aujourd’hui à mon sens, c’est le passage à l’échelle : réussir à faire que les actions menées par les diverses organisations se diffusent massivement, dans toutes les strates de la société.

Comment souhaiterais-tu que les adultes te soutiennent dans cette initiative ?

Je pense que la meilleure chose que les adultes puissent faire pour aider les jeunes aujourd’hui, c’est avant tout de leur faire confiance. Il est légitime que les jeunes soient préoccupé·es par les questions socio-écologiques, et donc qu’ils et elles s’emparent de ces questions. Aujourd’hui, nous avons une vision du monde à proposer, des idées à apporter, et l’envie de co-construire. Je pense que tout le monde, y compris les adultes, gagnerait à cesser de remettre en cause notre légitimité, et commencer à nous écouter, et dialoguer avec nous de façon horizontale, sans nous considérer comme des enfants. On ne veut pas prendre leur place, mais simplement composer avec les adultes.

Comment s’assurer que les revendications des jeunes soient écoutées et prises en compte de manière authentique ?

En ne les cantonnant pas à un rôle consultatif, mais en les incluant dans les processus de décision, et en les considérant comme des adultes. Les jeunes n’ont certes pas autant d’expérience que les moins jeunes, et peuvent encore apprendre, mais on demande aujourd’hui à être force de proposition ET de décision quant à un futur qui NOUS concerne. Et la meilleure façon de s’assurer que nos attentes et revendications soient prises en compte de façon authentique, c’est encore de nous permettre d’être pro-actif·ves, et de participer à l’élaboration des réponses à nos revendications.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui veulent s’engager ? Par quoi devraient-ils commencer ? 

L’union fait la force ! Je pense que la première étape, c’est de trouver autour de soi des personnes qui partagent la même envie de s’engager. Ça permet de s’entre-motiver dans les moments de doute et de ne pas se sentir seul·e, de mener des projets plus ambitieux et donc de se sentir plus efficace, et réfléchir à plusieurs, ça marche beaucoup mieux que tout·e seul·e !
Ensuite, ne pas se poser trop de questions, ne pas s’auto-censurer (“ça, de toute façon on y arrivera jamais c’est utopiste…”) : on est souvent surpris·e de voir ce qu’il est possible d’accomplir quand on a la motivation.

(Photo courtesy: Florent Vince, copyright: Florent Vince)

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